LE BOREAL 16 juillet 2013 Spitzberg Baie de la Madeleine Fjord de la Croix

Posté le vendredi 19 juillet 2013

Photo 1 Le Bore¦üal 16 juillet 2013

Photo 2 Le Boreal 16 juillet 2013

Par Didier DROUET

Il fait jour depuis les première heures du printemps, depuis que les étoiles se sont éteintes au troisième mois de l’année. En cette matinale journée d’été dans la baie de la Madeleine, la lumière opaque nous inonde de sa clarté. La surface de la mer se ride à peine à l’heure des matines, si bien que notre embarcation altère la baie dans notre sillage.

Nous contemplons le Gullybreen, un glacier expirant que nous allons fouler après avoir franchi des décombres de moraines. La morphologie du site est déconcertante par son bouleversement géologique et sa beauté primaire. Les ours blancs sont ici chez eux, malgré leur présence redoutée mais attendue, ils brillent par leur absence. Le site de débarquement parsemé de vestiges de différentes époques, transporte notre imagination à l’époque des chasseurs de baleines qui séjournaient dans cette baie, à la fois protégée et ouverte vers le large de la mer arctique. Aujourd’hui seule une cabane en bois est entretenue et utilisée de temps à autre par des gardes champêtres norvégiens. Nous cheminons vers le glacier. En dépit du glissement des roches encore instables, la présence de plantes téméraires et déterminées à fleurir dans le tumulte minéral, nous est conté par notre naturaliste québécois Francis. La loupe du scientifique nous transporte dans un monde polaire aux dimensions microscopiques, énigmatiques et insoupçonnables.

Comme il est grisant de marcher sur le glacier, le colosse a arraché, transporté, déplacé, des milliers de tonnes de sédiments qu’il redépose ici ou là. Une bédière nous entraine tout droit vers un moulin, ce puits creusé dans le manteau du glacier, perforé par le cours d’eau glacé qui sape, use et pour finir transperce la glace millénaire.

L’après-midi nous rejoignons le fjord de la Croix bloqué à son extrémité par le majestueux glacier Lilliehook. Nous débarquons dans une baie verdoyante, presque fermée, dans laquelle des traces improbables de la seconde guerre mondiale sont encore visibles à l’arrière d’un  lac que les plus courageux contourneront jusqu’à atteindre un promontoire flamboyant. Délicieuse journée, douce, paisible et inoubliable. Pourtant tous veulent voir des morses que nous finissons par observer sur une plage de sable. Quatre morses en plein vent, animal énorme, extraordinaire sous le soleil de minuit…

 

 

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