LE SOLEAL, 2 decembre 2015, Village de Kopar, Papouasie-Nouvelle-Guinee

Posté le jeudi 10 décembre 2015

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Par Serge GUIRAUD

 

C’est dans la nuit que Le Soléal a quitté les eaux indonésiennes pour naviguer dans les mers de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Aux premières lueurs du jour, notre Commandant Mickaël Debien a donné l’ordre de jeter l’ancre au large de Wewak. Cette opération est obligatoire afin de permettre aux autorités papoues d’effectuer les démarches administratives et d’autoriser Le Soléal à poursuivre sa route en direction du village de Kopar.

 

Une heure avant d’atteindre notre destination, le bleu de la mer a viré couleur café au lait. Ce premier signal indique que l’embouchure du fleuve Sepik est tout proche. Le débit du fleuve est si important qu’il semble maintenir l’océan à distance. Sans perdre de temps, l’équipe de naturalistes se rend dans le village de Kopar situé sur la rive gauche. Le comité d’accueil est prêt à recevoir les passagers.

 

Après une traversée en Zodiac qui nous permet d’expérimenter la navigation sur les flots tourbeux du Sepik, une visite du village nous permet de découvrir la répartition entre l’espace domestique et l’espace public. Une présentation culturelle a lieu sur une place qui est l’espace social où se déroule traditionnellement une partie du cycle cérémoniel. Les chefs du village autorisent, à une partie des visiteurs seulement, la visite des « maisons deshommes ». En effet, l’accès de ce lieu est interdit aux femmes.

 

Les passagers sont accueillis par des chants et des danses. Ils peuvent se promener dans l’allée centrale où se sont installés à même le sol des vendeurs de pièces ethniques. Les œuvres sont essentiellement des sculptures sur bois ; leurs formes anthropomorphes et zoomorphes reflètent la complexité de la perception du monde de cette communauté.

 

Plus tard dans l’après-midi, les hommes convoquent l’esprit du « pouk pouk » – le crocodile – à se présenter à la vue de tous. Il a pris les allures d’un dragon masqué long de plusieurs mètres. A son extrémité, une queue en bois ne fait aucun doute sur l’identité de cet animal mythique dont on sait que certaines sociétés du Sepik lui attribué l’origine du monde. Des chants d’adieu et des offrandes de fleurs accompagnent les derniers passagers qui quittent à contre cœur les habitants de Kopar.

 

Notre équipe de naturalistes nous propose un Récap à 18h30, de façon à évoquer cette rencontre extraordinaire ainsi que les autres disciplines que notre voyage nous permet d’aborder (coraux, faune forestière, histoire de l’île de Nouvelle-Guinée). Après le dîner, nous pouvons nous diriger vers les ponts extérieurs, pour observer l’éruption du volcan Mana, autour duquel navigue Le Soléal pendant un bon moment. Des lueurs orange très significatives viennent régulièrement trouer la nuit, à son sommet de 1 806 m d’altitude. La soirée s’est terminée au théâtre avec la diffusion du film « Premier Contact’ », qui relate la première rencontre entre des populations papoues et des Blancs, laquelle a engendré une incompréhension réciproque dans la découverte de « l’autre ».

 

 

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