AUSTRAL, 21 decembre, Rabaul, Papouasie Nouvelle Guinee

Posté le mardi 3 janvier 2017

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Par Katia NICOLET , Photo Nathalie MICHEL

 

Aujourd’hui nous passons notre matinée à bord, pendant que L’Austral fait route vers Rabaul, l’ancienne capitale culturelle de l’île de Nouvelle-Bretagne et importante ville portuaire. Ce matin, à 11h, une présentation est donnée par Serge, notre ethnologue à bord, intitulé « On ne naît pas Homme, on le devient ». Cette conférence touche à l’importance des rites de passages à l’âge adulte de beaucoup de civilisations, notamment des ethnies de Mélanésie que nous avons la chance de rencontrer lors de notre croisière. Cette présentation est suivie du briefing de notre Chef d’Expédition José qui nous décrit en détails les activités de ce soir et de demain.

 

Après un déjeuner dans un des deux restaurants du navire, nous sommes invités à admirer l’arrivée spectaculaire de L’Austral dans le port de Simpson. En effet, ce port est situé dans une grande caldeira d’où l’on peut voir sept volcans ! Cette caldeira fut créée en 540 après l’une des plus grandes éruptions que la terre ait jamais connue. Le volcan qui siégeait là explosa complètement pour ne laisser qu’un vase gouffre qui se rempli ensuite d’eau. Le volcan le plus actif des 7 présents aujourd’hui est nommé Tavurvur et surnommé simplement le « nid de guêpes ». Autour de lui trône aussi le plus haut volcan de la caldeira, Kombiu ou « la mère ». Les autres volcans les plus visibles sont Turangunan (fille du sud), Tovanumbatir (fille du nord) et le Mont Vulcan. Lors de la dernière éruption importante de 1994, Tavurvur et Vulcan sont entrés en activité en même temps et ont détruit une grande partie de la ville de Rabaul, dont l’aéroport, de nombreuses habitations et les plantations de fruits et légumes alentour. Depuis cet épisode, qui n’a fait que deux morts, de nombreux bâtiments ont été déplacés à Kokopo, la nouvelle ville culturelle de Nouvelle-Bretagne.

 

Mais ce soir, le but de notre visite est tout autre. Nous avons le privilège de pouvoir assister à une des plus anciennes cérémonies encore pratiquées sur terre. Les Baining sont en effet des descendants directs de l’Homo sapiens qui ont quitté l’Afrique et atteint la région de la Mélanésie il y a quelques 50 000 ans. Les ancêtres des Baining ont donc été les tous premiers hommes à peupler la Papouasie. Le mot « Baining » signifie « Homme sauvage de la jungle », un nom bien entendu donné par des ethnies arrivées bien plus tard. Les Baining n’ont pas de nom pour leur peuple et s’appellent simplement « peuple » ou « homme », vu qu’ils ont toujours été présents dans cette région et qu’ils font partie intégrante de leur environnement.

 

Les danses dites « de la nuit » ou « du feu » que l’on a pu voir ce soir sont traditionnellement interprétées par les hommes et représentent des activités typiquement masculines, comme la chasse ou le passage des jeunes garçons à l’âge adulte. Ce soir les danseurs portaient de larges masques qui symbolisaient les esprits de la jungle que les hommes chassent pour survivre. En portant ces masques et en rentrant en transe, les danseurs se transforment en esprit et peuvent ainsi braver le feu sans se bruler. Le spectacle est pour le moins envoutant et saisissant et nous laisse avec un sentiment indescriptible, comme si ce peuple avait partagé avec nous une partie de leur savoir ancestral.

 

 

 

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